Prologue

Prologue

Prologue


Je m'appelle Mégane Buech, plus connue sous le nom d'Alyssa Caylus.
Plus connue.
C'est bien çà le problème. Je suis connue, célèbre et riche. Très riche, mais malheureuse. L'argent ne fait pas le bonheur, c'est bien connu et j'en suis la preuve vivante.
Quand je n'avais que treize ans – la belle époque ! – j'envisageais déjà ma vie future. Un mari amoureux, entre trois et sept gosses, une belle maison, des animaux, de la vie et de l'amour quoi. Et puis je voulais être styliste. Je dessinais beaucoup. J'ai toujours dessiné en fait. Mais j'ai arrêté quand je suis devenue mannequin. Plus le temps.
Oui, je suis devenue mannequin, pas styliste. Au début, je me suis dit, c'est le même milieu, je vais me faire connaître et après je dériverais vers le stylisme. Je n'ai jamais dérivé. Je me suis laissé aller. C'était tellement simple !
La facilité détruit les hommes.
Je ne suis jamais tombée enceinte non plus. Des trois gosses que j'envisageais, je n'en ai aucun. En, fait, c'est simple : de la vie dont je rêvais du haut de mes treize ans, je n'ai que la belle maison et la grande écurie. Mais je suis seule. Horriblement seule.
J'ai exactement la vie que je m'étais jurée de ne jamais avoir.
Tout çà, en quelque sorte, c'est de la faute de Bill.
Je déteste dire çà. Ce n'est pas de sa faute, c'est grâce à lui.
Vous me direz, c'est bien naïf tout çà, mais je peux pas m'en empêcher. Je ne peux pas lui en vouloir. Je l'aime trop.
Bill.
La seule personne dont je suis tombée amoureuse. Mais il ne m'aimait pas. Ou du moins, il m'aimait comme une s½ur. Mais pas comme une amante. C'était Tom qu'il aimait. Tom, son frère, son jumeau, son amant. J'aurais pu détester Tom, le détester à vouloir le tuer. Mais je ne l'ai jamais haïe. Une pointe de jalousie peut-être, mais pas de haine. Il rendait Bill heureux, ça me suffisait.
Bill et Tom.
Les célèbres jumeaux Kaulitz. Membre du groupe Tokio Hotel.
Oui.
Vous me direz, Tokio Hotel, c'est de la musique, qu'est ce que ça vient faire avec le mannequinat ?
La passion de Bill.
La deuxième passion de Bill après la musique.
Sa passion secrète, connue de seuls Tom, Gustav, Georg et moi.
La photographie.
Ca aurait pu faire sa gloire, mais il l'avait déjà. Ca a donc fait la mienne. Et mon malheur.
La photographie.
Dès qu'il m'a vue, Bill a tout de suite voulu de moi comme modèle. Il m'a pris en photo, des tonnes et des tonnes de fois. Ces photos étaient magnifique je dois dire. Au fur et à mesure, je mettais les photos sur un blog. Ce blog est devenue connu, jusqu'à ce que les photos fassent le tour du net puis le tour du monde. Je vous passe les détails, mais c'est comme çà que je suis devenue mannequin. Je devais avoir 15 ans. Ca a duré 10 ans. Ensuite, je faisais quelques photos mais surtout, on me voyait dans beaucoup de films. On me voit toujours d'ailleurs. Mais peu importe.
Aujourd'hui, j'ai 35 ans et je vis seule dans ma belle et grande maison froide et austère.
Seule. Seule.
Plus de famille, plus d'amis. Juste mes domestiques qui s'occupent du ménage, de la cuisine, de l'immense jardin et des chevaux.
Seule. Seule et re-seule.
J'en pleurerais.
J'en pleure.
Parfois, je me dis que si CA n'était pas arrivé, tout serait peut-être différent ...
En fait, ce n'est pas de la faute de Bill, c'est grâce à lui, mais moi je l'ai transformé en ''de sa faute''. Et puis ce n'est pas avec Bill que ma vie a basculé. C'était avant.

Je venais d'avoir 14 ans. C'était en Juin je crois. Oui, c'est çà, en Juin. Je m'en souviens maintenant. Fin Juin.

Le Vendredi 27 Juin 2008
Le jour où ma vie a basculé.









Muffin''

# Posté le samedi 08 mars 2008 12:30

Modifié le samedi 15 mars 2008 09:07

Hors Fic ^^'



Deuxième fic =D

Le genre, du Twincest en fond mais pas l'histoire principale,
Puisque le personnage principale est Mégane =)
Et se sera toujours elle la narratrice =)

Pour être prévenu :
Fic-of-Muffin@hotmail.fr

Voilà ...
Questions et Pub sur cet article ^^'




PS : Pour cette fic et pr toute les autres qui sont en quelques sorte "secondaires", les MAJ ne seront peut-être pas fréquente donc DON'T WORRY ! x'D
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# Posté le lundi 15 septembre 2008 13:37

Chapitre 1

Chapitre 1


Le Vendredi 27 Juin 2008
Le jour où ma vie a basculé.

A partir de ce jour-là, tout s'est enchaîné très vite, le temps me passait entre les doigts. Je me suis laissé transportée, et ma vie a basculé.

Ce jour là donc, était pour moi la fin du collège. J'avais passé mon BEPC, et j'étais prête à aller en Seconde. Rien d'extraordinaire, la simple banalité du temps et de la routine. Les épreuves du Brevet s'étaient terminées à 11h. J'avais été mangé en ville avec la "Bande". Nous avions un peu traîné en ville, puis au parc à côté du collège. Mes parents devaient venir me chercher à 16h, avec ma s½ur. On passait le week-end sur Paris.

Vers 16h, alors que je m'apprêtais à quitter une bonne fois pour toute tous mes camarades de cette année, ma mère m'a appelé. Personne ne viendrait me chercher, je rentrais en bus. Trop heureuse de rester une heure de plus avec mes amis, et de retarder l'échéance des Adieux, je ne me suis pas posé de questions. J'aurais dû.

Quand je suis rentré deux heures plus tard, la maison était plongée dans le noir. Ma mère était recroquevillée sur le canapé, regardant la télé éteinte, les joues humides et une boîte de mouchoir en plastique posé à ces côtés. Je crois que c'est à ce moment là que j'ai commencé à comprendre que quelque chose de grave était arrivé. Je me suis précipité sur ma mère, tentant de la calmer, et surtout, de savoir ce qu'il s'était passé. Elle avait le regard horriblement vide, elle semblait dénuée de toute joie de vivre. A cet instant précis, ma mère ressemblait plus à une loque qu'à autre chose. J'avais 14 ans, et je n'avais jamais vue ma mère comme çà, pas une seule fois. Je me suis attendue au pire. Je crois que, effectivement, c'était le pire.


Une heure plus tard, j'étais moi aussi recroquevillée, mais sur mon lit, le regard vide et le visage inexpressif. Je n'arrivais pas à penser, à réfléchir. Pour moi, c'était impossible. Ca n'arrivait qu'aux autres. Et pourtant ... Et pourtant, mon père et ma s½ur étaient bien morts dans un accident de voiture, quelques heures plus tôt. Morts, je ne les reverrais plus jamais, je ne leur parlerais plus jamais. Morts, alors que le matin même je leur avais dit bonjour, alors que le matin même ils étaient encore vivants. Avec le temps, je me suis rendu compte que c'était difficile d'accepter la mort de quelqu'un quand elle est inattendue et impossible à nos yeux. C'est plus facile quand on s'y attend, quand la mort est inévitable. C'est aussi beaucoup plus facile quand l'on n'est pas attaché aux gens. Mais çà, c'est autre chose.

Je me retrouvais donc seule avec ma mère, désespérée et soudainement muette. Elle ne parlait plus beaucoup et se contentait d'agir. Elle s'était bien sûr occuper d'annoncer la nouvelle à la famille. Puis, excédée par tous ces appels brisant le silence, elle a finit par débrancher le téléphone. Peu à peu, les appareils électriques nous sont devenus inutiles. On préférait s'occuper à faire la vaisselle à la main que d'utiliser le lave-vaisselle. J'avais abandonné l'idée d'écouter la radio ou de la musique, trouvant le silence plus approprié et moins dangereux. L'ordinateur restait éteint. On allumait parfois la télé, mais on ne la regardait pas vraiment. C'était plutôt de l'"abrutissement". La maison restait constamment dans le noir. La chaleur extérieur était devenue un prétexte pour fermer les volets la journée. On avait pris l'habitude de se lever extrêmement tard, raccourcissant ainsi les journées. Je m'étais mis à lire. Enfin, beaucoup plus qu'à l'ordinaire. Je dessinais aussi pour passer le temps. Mais la plus part du temps, je restait des heures allongée sur mon lit à fixer le plafond. Ma mère s'était trouvé une nouvelle passion pour le ménage. On ne sortait plus, on ne parlait plus.

J'ai tenu un mois. Ne me demandez pas comment j'ai fais, même moi je me pose encore la question. J'ai finit par piquer une crise. Ce silence m'obsédais et me rendais folle. Je me suis mise à crier aussi fort que je le pouvais. Puis j'ai éclaté en sanglot. De rage, puis de tristesse et enfin de désespoir. Ma mère est apparue dans l'encadrement de la porte, alertée par mes cris. Elle m'a observée longuement, puis a prononcé ses premiers mots depuis des dizaines de jours.

« Viens »

Je n'ai pas discuté, je l'ai suivi dans la cuisine, les joues humides. Je me suis assise en face d'elle, attendant qu'elle parle. Elle m'as tendu une boîte de mouchoir et a commencé à parler.

« Il faut que tu sache une chose Mégane. Sur moi et ... ton père. »

J'ai pris cette hésitation pour de la tristesse. J'avais tord.

« Ce n'est pas ton vrai père. Je veux dire, génétiquement ... On hésitait à te le dire ... mais je crois que maintenant tu dois le savoir. Tu comprends ? »

J'hochai la tête. Ma mère a pris son inspiration et m'a raconté cette histoire qui devenait mon passé.

« Quand on est parti en Allemagne ton père et moi, Eric je veux dire, on s'est ... disputés. Et j'ai eu une aventure ... Gordon. Quand je suis tombée enceinte, j'ai pris peur ... je me suis rendu compte que Gordon et moi ce n'était qu'un aventure, et que c'était Eric que j'aimais, c'était lui l'homme de ma vie ... »

Les yeux de ma mère se sont perdus dans le vide. Je lui ai pris la main, l'incitant à continuer.

« J'ai sauté dans les bras de ton père, pardon, Eric. Quelques semaines plus tard, j'ai annoncé à Eric que j'étais enceinte ... il était fou de joie. Tu l'aurais vu ... et tu es née. Tu étais magnifique, et Eric était fou de joie. Mais, moi je me sentais coupable ... et j'ai finit par tout lui avouer ... Eric, Eric a très bien réagit. Il était déçu, mais ça n'était pas le plus important. Il t'aimait, et c'est tout ce qui compte. Sache le Mégane, Eric t'aimait, vraiment. »

Ma mère s'était arrêtée, guettant ma réaction. Moi, je ne me rendais pas vraiment compte de la situation. J'étais impressionnée par ma mère, par cette force qu'elle avait de tout me raconter, quatorze ans plus tard ...

« Mais ... mon ... p-père, Gordon, ... il est ... au courant ? »

Ma mère hocha la tête silencieusement.

« Oui, pour tes un an, je lui ai envoyé une lettre. Gordon est quelqu'un de bien, il a compris qu'il fallait mieux ... te laisser en dehors de ces histoires jusqu'à ce que tu sois en mesure de comprendre. Je lui envoie souvent des lettres, je lui donnes de tes nouvelles, je lui envoie des photos ... il te connais, il t'as vu grandir ... »

Ma mère se tut une fois de plus. Je savais qu'elle redoutait ma réaction. Mais, voyant que je ne réagissais pas, elle continua.

« Ecoute Meggie, si tu as envie de le connaître, il n'y a pas de problème, les lettres sont là-haut, dans une caisse, il y a son numéro de téléphone, son adresse ... tout. Si un jour tu as envie ... vas-y, je ne t'en empêcherai pas. Et puis, Gordon serait content ... »

Un petit sourire s'ébaucha sur le visage fatigué de ma mère.

« Ne m'en veux pas Meggie, je n'ai jamais voulu ... je voulais que tu grandisse normalement ... tu comprends ? »

J'hochai la tête.

« Ne t'en fais pas, maman. »

Ma mère parue soulagée, et le silence gagna à nouveau la maison. Après plusieurs minutes, je décidais de briser ce silence étouffant.

« Dis, ... ils ... ils te manquent ? Tu y pense ... tu pense à eux ... ? »

Ma mère soupira et baissa les yeux. Dans l'obscurité, je vis un éclat couler le long de son visage.

« J'en peux plus ... »

Chuchota t'elle. Je me levai et la pris dans mes bras. J'étais plus grande qu'elle et elle avait maigri depuis quelque temps. Inutile de préciser que j'avais l'impression d'avoir échangé les rôles. Je ne sais pas combien de temps nous sommes restées comme çà, à pleurer dans les bras l'une de l'autre. Au bout d'un moment en tous cas, elle se dégagea lentement et prétexta du ménage à faire. Je la laissais, nous avions besoin d'être seule. Alors, pour la première fois depuis un mois, je pris mon MP3 et sorti dehors. Il faisait incroyablement beau. Le soleil brillait haut dans le ciel, il y avait une légère brise qui rafraîchissait l'air. Je fermai les yeux et inspirai une grande bouffée d'air. Ca sentait le soleil, le blé, l'été ... Je m'allongeai dans l'herbe, Better than me de Hinder dans les oreilles. Je savais que les paroles n'avaient pas beaucoup de rapport, mais qu'importe ...

[...]
« Je me suis dit que tu ne me manquerais pas
Mais je me suis rappelé
Ce que ça faisait d'être près de toi
Tes cheveux sur mon visage me manquent
Et le goût de ton innocence
[...]
Tout en regardant ta vieille boîte à souvenirs
Je retrouve ces photos
Que tu cherchais
S'il y a un souvenir que je ne veux pas oublier
Cette fois au centre commercial
Toi et moi dans la garde-robe
[...]
Je souhaite que ça n'est pas pris fin
Et je ne peux pas dire que je ne penserai pas à toi plus tard
[...]
Ce ne peut pas être la fin ... »
[...]

J'ai écouté cette chanson en boucle tout le reste de l'après-midi. Allongée sur la pelouse, les yeux fermés et la peau du visage sèche et salée. Plus rien n'existait autour de moi, je m'en souviens encore.

Je ne me suis relevée que quand un vent froid est arrivé et quand la luminosité a commencé à faiblir. Je suis rentré et j'ai commencé à faire à manger. Il devait être aux environs de huit heures. Quand le dîner fut prêt, je partis à la recherche de ma mère. Je la trouvais finalement dans son lit, endormie. Je tentais de la réveiller, mais en vain. Elle ne semblait pas vouloir se réveiller. Elle était froide.

J'ai soupiré et je me suis assise sur le bord du lit. Bizarrement, je n'étais pas surprise. Je m'y attendais. Je me pris la tête à deux mains. J'étais seule maintenant.








Musique de fin de chapitre : It's Not Over de Secondhand Serenade
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# Posté le mardi 18 novembre 2008 12:18